De multiples débats ont eu lieu sur l'apport supposé de l'Internet à la démocratie depuis l'irruption du «réseau des réseaux». Un temps espoir d'un «nouvel agora», l'Internet s'est affirmé socialement comme un objet distinct des formes pré-existentes, dont la simple existence n'est pas nécessairement positive.

Après un temps de désillusion, la maturation de bon nombre d'utilisateurs fait aujourd'hui naître un nouvel espoir. Signe de cette évolution, des auteurs majeurs se sont intéressés à ce thème en France ces dernières années, de Pierre Rosanvallon avec «La contre-démocratie» à Alban Martin et son «Égocratie et Démocratie, la nécessité de nouvelles technologies politiques», en passant par Dominique Cardon et sa «Démocratie Internet», et ont apporté des regards complémentaires. La littérature anglophone sur ce sujet est également riche, un des ouvrages les plus souvent cités en exemple étant le «Government as a platform» de Tim O'Reilly.

Je tente dans ce billet d'exposer ma vision de cette évolution, alimentée par 10 ans de militantisme, dont 7 ans de militantisme politique au sens traditionnel du terme, essentiellement, mais pas uniquement, sur le numérique et la société de l'information. Il m'arrive en effet d'aller tracter, boîter, differ, voire faire un peu de porte à porte... Bref, du «vrai militantisme» pour encore beaucoup de gens.