Les États-Unis sont célèbres pour leur législation en faveur de la liberté d'expression, le fameux 1er amendement de leur constitution..

Quelque peu embarrassé par cette législation protectrice, qui l'empêche d'interdire purement et simplement Wikileaks en tant que tel, le gouvernement américain a attaqué cette dernière année Wikileaks de manière indirecte, en faisant pression sur ses fournisseurs de services. Registres DNS, fournisseurs d'accès et autres FAI n'ont, pour la plupart, pas su ou pas pu résister aux pressions de l'Oncle Sam, comme l'expose Yochai Benkler dans «WikiLeaks and the protect-ip Act: A New Public-Private Threat to the Internet Commons».

L'Electronic Frontier Foundation dénonce aujourd'hui le projet de loi SOPA («Stop Online Piracy Act»), qui prévoit la possibilité pour le Procureur Général des États-Unis d'ordonner aux moteurs de recherche, aux fournisseurs de DNS, aux hébergeurs, aux systèmes de paiement et aux acheteurs d'espace publicitaire de ne plus faire affaire avec une société :

«the Attorney General can seek a court order that would force search engines, DNS providers, servers, payment processors, and advertisers to stop doing business with allegedly infringing websites.»

Soit précisément ce qui a été fait contre Wikileaks et qui pourrait donc être généralisé demain contre d'autre sites. Mais de manière légale.

En prime, SOPA prévoit la création de listes noires privées et la possibilités pour les opérateurs de paiement de décider eux-même d'arrêter d'offrir leurs services à certaines sociétés suspectes.

Dans la course au blocage et au filtrage du net, les États-Unis auraient-ils décidé de reprendre une longueur d'avance sur l'HADOPI française ?