C'est le titre, volontairement provocateur, d'un billet de l'excellent @gchampeau, paru sur son site Numerama .

Si Guillaume pose une bonne question en s'interrogeant sur les risques que pose l'hyper-puissance de Google, qui appelle effectivement la vigilance de la puissance publique, je suis en désaccord avec lui sur plusieurs points.

Google n'est, tout d'abord, par la première société a avoir ce niveau de pouvoir sur le secteur de l'IT. IBM en son temps, puis Microsoft, pour ne citer que deux exemples sur lesquels l'histoire a eu le temps de juger, ont été tout aussi dominateurs. Il n'y a pas grand risque à estimer que Twitter ou Facebook posent le même type risque aujourd'hui.

La volonté de nuire de Google n'est, ensuite, pas démontrée. Et je trouve assez étonnant de voir un moteur de recherche critiqué pour des tentatives d'amélioration de son algorithme. La recherche "neutre" est une vue de l'esprit. Nous voulons un moteur qui sélectionne pour nous, et le mieux possible.

Google est, par ailleurs, un géant aux pieds d'argile. En un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, vers 2001, Google a ainsi balayé Altavista, qui semblait alors indéboulonnable, en un peu moins d'un an.

Enfin, la dépendance de certains acteurs du web à leur niveau de référencement sur Google ne me semble pas être un argument convaincant. Investir dans ce que l'on appelle le SEO «Search Engine Optimization» est un choix, qui comporte des risques que l'on doit assumer en même temps que l'on en tire les bénéfices. (MAJ) Guillaume pointe d'ailleurs de manière intéressante lui-même la fragilité des algorithmes de référencement actuellement utilisé en signalant cette condamnation d'une société pour manipulation de résultats de recherche.

Contraindre Google dans ses évolutions serait, en l'état, donner un sacré coup de frein à l'innovation en ligne. Un peu comme si l'on évitait de construire des autoroutes par peur de nuire aux petites boutiques placées le long des départementales. Ou si l'on bridait le développement du chemin de fer pour protéger les palfreniers.

Google n'est pas une entité parfaite et est logiquement à la recherche du profit. Ses pratiques en matière de vie privée méritent probablement bien plus d'attention. En l'état, oeuvrer en faveur d'une société de l'information ouverte me semble plutôt passer par le soutien à des alternatives libres et distribuées.