Tel est le titre de divers billets que l'on a pu lire ça et là, et par exemple ici, relatant le dernier épisode des relations houleuses entre l'opérateur de transit Cogent et le premier FAI Français, Orange.

Cogent assigne aujourd'hui Orange car un de ses clients, Megaupload, s'estime discriminé. Selon ce site, la connexion des abonnés d'Orange à son service serait bridée.

Un élément intéressant de ce conflit nous est relaté par Univers Freebox :

De son côté Orange a accusé l’opérateur de ne pas respecter les règles d’échange de trafic Internet qui stipulent que le trafic doit être acheminé gracieusement tant que les échanges restent équilibrés entre deux opérateurs. Ainsi, Orange estime que Cogent lui envoie bien plus de trafic qu’il n’en reçoit (de 1à 4 voir de 1 à 8).

La manière dont certains FAI résument ces débats à une question d'équilibre des échanges ne lasse pas de m'étonner. Les internautes s'abonnent en effet à une de leurs offres pour, entre autres, accéder à un service comme Megaupload, YouTube ou quantité d'autres... Peu importe que le FAI ait une facture de transit à la fin du mois ou un peering déséquilibré si ses comptes sont dans le vert à la fin du mois.

En l'état, Orange dégage déjà une marge d'exploitation de 28%. Difficile, dans ce contexte, de ne pas partager l'interprétation de numerama des propos d'Orange : de telles limitations ne visent qu'à contraindre les internautes à recourir aux offres propriétaires du FAI (souvent auto-labellisées «service géré») ou à augmenter encore un peu plus les marges en faisant non seulement payer le client final mais en surtaxant également l'opérateur de service, pourtant créateur de valeur et acquittant déjà sa propre facture de bande passante.

Je trouve sidérant de voir ce réflexe de recréation d'une sorte d'AOL ou de Compuserve version 2011. Pour les moins de 30 ans : ces deux sociétés avaient fait en leur temps le pari d'une offre propriétaire et d'un accès réduit à l'Internet. L'histoire a jugé. Il est à craindre qu'Orange la fasse bégayer... ou porte un dur coup à l'Internet français.