Ça y'est, les primaires vont commencer. Espérons qu'elles soient moins heurtées que chez nos amis les Verts, où l'affrontement Joly/Hulot a été pour le moins vif...

J'ai tenté une première analyse à travers le prisme "numérique" des équipes de campagne. Déception : je n'ai pu trouver en ligne que la composition de celles de Martine Aubry et François Hollande. Rien trouvé pour Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Ségolène Royal ou Jean-Michel Baylet...

L'analyse sera donc, malheureusement, rapide.

Côté Hollande, l'équipe ne compte que des élus. C'est un choix. Pour ce qui nous intéresse, on remarquera que le numérique est essentiellement abordé sous l'angle "campagne" et est confié à Vincent Feltesse, président de la Communauté Urbaine de Bordeaux. La région de Bordeaux, et plus largement l'Aquitaine, sont de longue date en pointe sur le numérique. La technopôle bordelaise est une réalité. Le soutien aux initiatives citoyennes également. Je n'oublie pas que les «Rencontres Mondiales du Logiciel Libre», auxquelles j'ai donné bcp de mon temps de 2001 à 2005, sont nées en partie grâce au soutien des collectivités territoriales du bordelais. Pour autant, est-ce suffisant ? À l'heure où Internet est citoyen, ou la co-création est devenue une banalité, voir le numérique confié à un élu, qui plus est sous l'angle "campagne" dénote un certain retard...Pour ne pas dire un retard certain dans la compréhension de la société de l'information.

Côté Aubry, l'équipe est un mélange de responsables politiques et de figures de la société civile. La démarche dénote d'emblée une volonté d'ouvrir grand les portes et les fenêtres. Daniel Kaplan, délégué général de la FING et auteur de divers ouvrages dont dernièrement "Informatique, libertés, identités". Avantage à Aubry, donc, qui choisit de confier le numérique à un de ses meilleurs analystes français.

Regardons maintenant le reste de ces équipes. Côté Hollande, on remarquera François Rebsamen, qui trouve le concept de riposte graduée intéressant... Côté Aubry, on ne peut que remarquer les présences d'Anne Hidalgo (qui s'était vivement opposée aux "mousquetaires" du PS sur le dossier DADVSI) et de David Assouline, aux opinions bien fluctuantes. On ne peut que remarquer également les présences de Christian Paul et de Patrick Bloche, dont les idées progressistes sur la société de l'information sont connues de longue date. Le numérique est cependant un des rares dossiers sur lesquels un grand élu n'est pas en binôme. Un peu comme s'il fallait ne fâcher personne... Il est tout de même un peu troublant de ne pas retrouver à ce poste un de ceux qui ont mené le combat contre les politiques répressives et régressives de la droite ces dernières années...

Bref, net avantage à Aubry... Mais la vigilance semble de mise...